LE mélantois    
Mercredi 5 février 2003
Pont-à-Marcq et son Pays
 

Environnement

Deux jours après l’assemblée générale,
la fonte des neiges a fait craindre une nouvelle série d’inondations
SOS Marque, c’est aussi une dose d’angoisse

 

«Lundi, ça coulait comme un torrent et la route entre Tourmignies et Thumeries était inondée en deux endroits», témoignent Roland Laroye et André Leblanc tandis qu’André Janssen confirme: «En quelques heures, au pont de Pont-à-Marcq, on a atteint le même niveau que fin décembre, début janvier. Mais, ce qui a été le plus surprenant, c’est la vitesse à laquelle l’eau est montée.» Les trois chevilles ouvrières de SOS Marque s’interrogent: «Que serait-il arrivée si, en plus de la fonte de la neige, il avait plu?»
Deux jours après l’assemblée générale de l’association, André Leblanc était tout de même satisfait du fonctionnement du «moine» que l’association a construit, aux Neuf Prés, dans la forêt de Phalempin. Ce petit barrage, comme l’autre qui a été édifié par l’Office national des forêts, a normalement fonctionné.

 


«En quelques heures, l’eau est arrivée au même niveau que fin décembre», explique A. Janssen à Pont-à-Marcq

 

SOS Marque souhaiterait conforter cet ouvrage, avec l’intervention d’une entreprise spécialisée. A condition de trouver les financements nécessaires. Des discussions sont en cours avec le conseil général pour étudier la création d’une autre retenue sur le courant de Thumeries, dans le bois des Cinq-Tailles.
Technicien de rivière
SOS Marque continuera, aussi, de suivre le curage de la rivière entre Ennevelin et Péronne-en-Mélantois dont environ 800 mètres sur 2700 ont déjà été effectués. Sans oublier l’étude hydraulique dont André Janssen, le président del SOS Marque, espère qu’elle sera finie cet été. Sur d’autres sujets les membres de l’association ont décidé de mettre les bouchées doubles: par exemple, l’embauche d’un nouveau technicien de rivière par la communauté de communes du pays de Pévèle qui a pris du retard et au sujet de laquelle elle va multiplier les relances.
Le plan de prévention des risques liés aux inondations (qui pourrait se traduire par des moins values sur les habitations) suscite aussi quelques inquiétudes et, dès lundi, une délégation devrait rencontrer le député Thierry Lazaro. Enfin, les adhérents, dont la plupart ont déjà été plusieurs fois sinistrés, souhaitent approfondir leurs connaissances dans le domaine des assurances, l’idéal étant qu’un professionnel du secteur, actif ou retraité, les rejoigne. Enfin, Roland Laroye, vice-président de SOS Marque, va prendre son bâton de pèlerin et développer des actions de sensibilisation sur les conséquences d’une urbanisation mal contrôlée et d’une imperméabilisation inconsidérée des sols.
Les motifs de satisfaction ne manquent pourtant pas à SOS Marque. Une quarantaine de personnes ont, ainsi, participé à la réunion de vendredi soir, malgré la neige. De surcroît, la trésorerie est positive avec plus de 3000 € (20000 F) pour les comptes de fonctionnement et de solidarité, sans compter un don de 750 € aux sinistrés de Monfrain dans le sud-est. Enfin, les manifestations plus festives font toujours le plein. Elles seront reconduites: réception pour les releveurs des taux de pluviométrie et les bénévoles, le 9 mars, à Attiches ; opération Pieds dans l’eau, vraisemblablement au printemps, à Ennevelin ; fête champêtre, le 29 juin... « On est content du fonctionnement de SOS Marque , admet André Janssen, mais ça n’enlève pas une bonne dose d’angoisse...»

J. B.