LE mélantois    
Vendredi 1er février 2002
Pont-à-Marcq et son Pays
 

SOS Marque

Les élus de la communauté de communes
expliquent leur action aux bénévoles de l’association
La « paperasse », les sous et... le terrain

 

Les relevés effectués par des membres de SOS Marque, dimanche, sont inquiétants : en douze heures, il est tombé entre 25 et 30 millimètres d’eau et le niveau de la Marque est monté de 80 centimètres au pont d’Hélin, à Ennevelin, pour atteindre 1,60 mètres. Pourtant, si l’un des membres de l’association compare les procédures administratives à « du millefeuille » pour dénoncer la lenteur des actions de lutte contre les inondations et pour demander la nomination d’un «chef de projet», force est de constater qu’entre SOS Marque et les élus, on s’écoute et on commence à travailler ensemble, les élus de la communauté de communes du pays de Pévèle (CCPP) souhaitant que l’association soit associée aux travaux.
Une réunion avait lieu, mercredi matin, à la mairie d’Ennevelin, avec le président de la CCPP, Luc Monnet, et trois représentants de SOS Marque, Daniel Jolivel, Roland Laroye et André Leblanc. Daniel Devendeville, vice-président de la CCPP et maire d’Ennevelin, en a profité pour détailler les initiatives relancées ou prises ces derniers mois, afin d’améliorer l’écoulement des eaux.

 


Les adhérents de SOS Marque ont du mal à comprendre la lenteur des procédures;
mais le travail avance, assurent les élus.

 

Problème évité ?
Dès que la CCPP a repris la compétence en matière de cours d’eaux non domaniaux, l’été dernier, la dernière tranche de curage prévue dans le cadre du contrat de rivière (entre Ennevelin et Péronne) a été actualisée au plan technique. Le conseil général et la Direction régionale des espaces naturels (Diren) y participeront financièrement. L’agence de l’eau décidera ou non de subventionner ces travaux en mars et la Région pourrait également verser une aide. Les travaux pourraient commencer au second semestre. Plus rapidement (la CCPP est intervenue seule, pour un coût de 300 000 F qui n’obligeait pas à avoir recours à la procédure des appels d’offres), le lit et les berges de la rivière ont été nettoyés cet automne, grâce aux relevés de SOS Marque. «Si nous ne l’avions pas fait, nous aurions sûrement eu des problèmes dimanche après-midi », explique D. Devendeville. Quant au coup de colère du maire de Tourmignies, laissé, selon lui, à l’écart, il reposerait sur un malentendu : « On ne pouvait pas tout faire tout de suite, en particulier s’occuper de la défense des berges. Pour agir vite il fallait que le chantier ne prenne pas trop d’ampleur...» Un «moine», sorte de barrage mobile, a également été posé à l’Attargette, en bordure de la forêt de Phalempin pour un coût qui a été pris en charge à 70 % par la CCPP et à 30 % par l’Office national des forêts.
Porteurs du projet
Reste l’essentiel, le plus onéreux et le plus long : les aménagements hydrauliques durables et la gestion, à moyen et long terme, de la rivière et de son environnement. Chacun, évidemment, a sa petite idée sur le sujet. Toutefois, souligne D. Devendeville: «Même si on fait la somme du bon sens de chacun, on n’arrivera pas à une solution raisonnable.»
Conclusion : comme cela se fait depuis des années avec les riverains de l’aval, il faut travailler à l’échelle du bassin versant. D’où la nécessité de prévoir des études sur la partie amont en conditionnant leur réalisation au respect d’un cahier des charges strict. Des recommandations qui feront l’objet d’une ultime mise au point lors d’une réunion entre élus et techniciens début février. Ce après quoi, espère le vice-président de la CCPP, les premières actions sur le terrain pourraient être mises en oeuvre fin 2002.
«La communauté de communes continuera à travailler pour les 19 villages qui la composent, conclut Luc Monnet. Nous avons les moyens d’être porteurs de ce projet sur la Marque.» Même si les procédures demandent du temps. Ainsi, l’idée de curer un étang privé, à Tourmignies, pour en faire un bassin tampon, nécessiterait une déclaration d’utilité publique. Et donc rien de visible sur le terrain avant environ un an...

J. B.