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  LE mélantois    
Mardi 23 avril 2002
Pays de Pévèle
 

Après les inondations de décembre 2000

Refus de reconnaissance de l’état de catastrophe naturelle à Phalempin
La riposte s’organise avec les sinistrés

 

A la veille du premier tour des élections présidentielles, le maire de Phalempin a réuni ceux de ses administrés qui ont subi l’inondation de décembre 2000, afin de faire le point avec eux sur les démarches qu’il va entreprendre devant le tribunal administratif. La commission interministérielle chargée d’examiner ce dossier en appel a, en effet, refusé d’accorder à la commune l’état de catastrophe naturelle qui aurait permis aux victimes de la deuxième crue de la Naviette d’être convenablement indemnisées. C’était, on s’en souvient, la seconde crue de cette année-là («La Voix» du vendredi 12 avril). Soixante logements, étaient envahis par les eaux de la Naviette déchaînée. Certains, pour la deuxième fois en moins de six mois. Une vingtaine d’entre eux se sont réunis, samedi matin, à la mairie.

 


Dans la nuit du 3 au 4 décembre 2000, certains riverains des rues Lebas, et du Capitaine-Frémicourt avaient dû être évacués en barque. Mais l’état de catastrophe naturelle est refusé à Phalempin.

 

A la veille du premier tour des élections présidentielles, le maire de Phalempin a réuni ceux de ses administrés qui ont subi l’inondation de décembre 2000, afin de faire le point avec eux sur les démarches qu’il va entreprendre devant le tribunal administratif. La commission interministérielle chargée d’examiner ce dossier en appel a, en effet, refusé d’accorder à la commune l’état de catastrophe naturelle qui aurait permis aux victimes de la deuxième crue de la Naviette d’être convenablement indemnisées. C’était, on s’en souvient, la seconde crue de cette année-là («La Voix» du vendredi 12 avril). Soixante logements, étaient envahis par les eaux de la Naviette déchaînée. Certains, pour la deuxième fois en moins de six mois. Une vingtaine d’entre eux se sont réunis, samedi matin, à la mairie.
Bien placé pour suivre un tel dossier, puisqu’il fait partie de la commission parlementaire chargée d’enquêter sur les inondations de la Somme, le député-maire de Phalempin a expliqué à son auditoire qu’il avait décidé, en accord avec la municipalité, de porter l’affaire devant le tribunal administratif, seule instance désormais susceptible de rétablir ce qui, à ses yeux, est une incompréhensible injustice. «Phalempin s’est trouvé au centre d’une zone affectée par les précipitations les plus importantes jamais enregistrées par la station météo de Lesquin, alors que les sols étaient gorgés d’eau et tous les exutoires, de la Marque à la Deûle, totalement saturés. Pourquoi l’état de catastrophe naturel a-t-il été reconnu à Attiches, Tourmignies et Pont-à-Marcq, et pas chez nous?» s’interroge Thierry Lazaro.
Les conclusions de la commission s’appuient sur des rapports contradictoires de la météo et du BRGM (Bureau de recherches géologiques et minières) selon lesquels il aurait moins plu sur Phalempin que sur les villages environnants et la remontée de la nappe phréatique ne serait pas en cause. Seclin et Wahagnies ont également été exclues par la commission interministérielle. Pourquoi? Mystère! C’est pourquoi le maire de Phalempin envisage de se rapprocher de ses collègues, d’autant que le Sivu, dont la vocation est de défendre l’environnement des communes adhérentes, est présidé par le maire de Seclin, Jean-Claude Willem. Les Phalempinois sinistrés sont d’autant plus amers qu’ils ne se sentent toujours pas en sécurité, malgré les nombreux travaux réalisés aussitôt après la catastrophe de juillet 2000, pour tenter d’éviter que cela recommence. Ils ont bien failli vivre un nouveau cauchemar, le 1er janvier dernier et gardent un oeil inquiet sur la Naviette, dès qu’il pleut un peu trop fort, ou un peu trop longtemps.
Au-delà du souci de leur indemnisation, beaucoup restent mobilisés pour qu’une véritable politique de prévention soit mise en oeuvre. Après le curage de la Naviette et l’inspection de sa partie canalisée, trois « moines » ont été installés pour réguler l’eau qui s’accumule dans les étangs de la forêt. Mais il reste beaucoup à faire : un bassin de rétention à proximité de l’autoroute (qui demandera un investissement d’au moins 610 000€ (4 MF) et une zone tampon près de la forêt sont à l’étude et en attente de financement. La municipalité s’est engagée à soutenir les sinistrés qui rencontreraient des difficultés, après avoir étudié individuellement leurs dossiers d’indemnisation. Des rendez-vous sont pris, avec des avocats, pour entamer la procédure, et avec des élus belges, pour étudier les financements européens qui doivent être transfrontaliers.
Un représentant de SOS Marque a proposé à l’assemblée les services de son association. Il a encouragé les sinistrés à s’unir pour demander réparation, comme ceux de la Somme, réunis au sein de l’Unavic, qui demandent la création d’un ministère des inondations.