LE mélantois    
Jeudi 21 juin 2001
Pont-à-Marcq et son Pays
 

Marque
par Jean BISCHOFF

Travaux d’automne pour la rivière vagabonde

Déçus du retard pris par le dossier des débordements de la rivière, les membres de SOS Marque ont obtenu des assurances de la part des élus, réunis, lundi, à Ennevelin.

 

C’EST PROMIS: la commission chargée de l'hydraulique, au sein de la communauté de communes du pays de Pévèle (CCPP), se réunira début juillet. C’est promis, a poursuivi Luc Monnet, le président de l’intercommunalité, ses membres, des représentants de l’association SOS Marque, présidée par André Janssen, et des élus des communes riveraines de la Marque qui n’adhérent pas à la communauté, se retrouveront au sein d’un comité consultatif. C’est promis: une fois que cette «machine» sera mise en route, un certain nombre de travaux seront décidés et devront être réalisés avant l’automne.

 

Il a parfois été difficile pour les riverains de la marque et les inondés de l'an dernier, de comprendre le fonctionnement de l'administration (avec un grand A...).
 
Déception

Tels sont les principaux résultats de la deuxième réunion, organisée, lundi soir, à Ennevelin, par l’association SOS Marque, un groupe dont le but est de lutter contre les inondations dans le bassin amont et, accessoirement, de restaurer l’image de la rivière. En présence d’une bonne soixantaine de personnes, élus locaux, techniciens et victimes des inondations de l’été et de l’hiver derniers, R. Laroye et A. Leblanc, deux membres de SOS Marque, se sont montrés, d’emblée, déçus. «Parce que le dossier n’est toujours pas lancé alors que, avec le temps, les risques pourraient devenir plus importants.» La faute aux variations climatiques, aux baisses de capacité de stockage et d’écoulement des eaux pluviales, à l’imperméabilisation croissante des sols... Une déception que Daniel Devendeville, maire d’Ennevelin et vice-président de la CCPP, n’est pas parvenu à lever totalement. Même si le retard, dû à la mise en place des nouvelles équipes après les élections municipales, et à des blocages administratifs venus d’en haut, ne peut leur être imputé, les élus locaux ne sont pas restés les bras croisés, a-t-il argumenté, détaillant, comme d’autres le firent après lui, notamment les maires de Tourmignies et d’Attiches, Jean-Louis Wambre et Luc Foutry, les petits travaux déjà entrepris au plan communal. Mais le dégagement des berges n’est pas toujours aisé : ainsi, il est impossible d’intervenir sur un terrain agricole en jachère, sous peine de pénaliser l’exploitant agricole qui verrait baisser ses subventions. Il n’est pas question, non plus, de travailler dans un champ de cultures expérimentales...

Perplexité

Patience donc, car, outre ces interventions ponctuelles, il faudra que des spécialistes fassent un diagnostic à l’échelle de la vallée en amont et du bassin versant pour trouver les causes et les remèdes aux sautes d’humeur de la rivière. Artisan du premier contrat de rivière, Paul Deffontaine, le maire de Willems, a fait part de son expérience: «Il a fallu cinq ans pour constituer le syndicat du bassin de la Marque et encore trois ans pour bâtir et signer le contrat de rivière.» De sa perplexité, aussi: «Pourquoi, en quelques années, les problèmes sont-ils devenus si importants en amont ?» Tout aussi perplexe, M. Grandmougin, qui représentait l’Agence de l’eau, a tenté de réfréner les ardeurs de ceux qui voudraient tout curer tout de suite. «Ça vous donnera un sursis d’une dizaine d’années si vous ne contrebalancez pas les effets négatifs du développement des zones imperméables», a-t-il expliqué en plaidant pour des actions de «développement durable». En particulier la maîtrise des surfaces urbanisées et le développement des surfaces où l’eau pourra s’étaler en cas de crues. Le cas de Villeneuve-d’Ascq et de ses lacs est, à ses yeux, exemplaire.

Impatience

C’est promis, donc : les élus vont continuer à retrousser leurs manches. Les demandes de subventions pour le curage de la Marque, entre Ennevelin et Péronne, sont faites. Des démarches vont être faites au niveau du conseil régional. Une prochaine réunion avec l’Office national des forêts permettra de déterminer ce qu’il faudrait faire au niveau du massif forestier de Phalempin, souvent montré du doigt comme un des principaux fauteurs d’inondations. Sans parler des bassins de rétention de Béghin, à Thumeries, qui viennent d’être acquis par le conseil général pour en faire une réserve naturelle, mais où des pans de berges commenceraient à s’écrouler...  «Mais, plaidait A. Leblanc, au cours de la réunion, il faut bousculer les choses, sinon on va arriver à la fin de l’année et il y aura de nouvelles inondations...»