LE MELANTOIS    
Jeudi 18 janvier 2001
 

Pont-à-Marcq et son pays

 
     
 

Solutions

Il faudra une génération pour freiner l'eau

à qui la faute ?

 
     
 

« Les inondations en haut du bassin sont rares et ce n’est pas le curage qui résoudra le problème, tempère un technicien, qui a souhaité garder l’anonymat. De toute façon, les inondations auraient quand même eu lieu. » C’est la faute au ciel parce que, pendant une décennie, il n’a pas plu énormément alors que les précipitations sont plus abondantes depuis 1995. « Le matin du 3 décembre, environ 60 hectares étaient noyés entre Ennevelin et Pont-à-Marcq. ».« C’est aussi la faute à l’agriculture intensive, reconnaît-il encore. Elle a modifié le paysage, avec la disparition des prés, celle des talus et des fossés qui freinaient l’eau. » Sans oublier l’érosion des sols qui contribue, à son tour, à l’obstruction des fossés. Du côté de la forêt de Phalempin, notre interlocuteur pointe aussi du doigt les coupes de bois « à blanc » et le reprofilage des fossés. C’est surtout la faute à notre façon de vivre. « Jadis, les routes étaient pavées et toutes bordées de fossés Aujourd’hui, on met du macadam et des canalisations. On imperméabilise à outrance et on accélère les flux ; il n’y a rien d’étonnant à ce que l’eau monte et baisse très vite. » Sans compter le remblaiement des marais :« Il faut respecter la nature. L’eau montre où elle va. Ce ne sont pas des buttes qui vont la retenir. Quant à la stocker, il faut énormément de surface pour l’étaler. Depuis une trentaine d’années, on n’a fait qu’accélérer la vitesse de l’eau. Il faudra bien une génération avant de trouver une solution. Ce qu’il faut faire, c’est retenir les eaux pluviales le plus possible. »

 
 

J.B.

 
 

A trop canaliser, l'eau va de plus en plus vite...

 
     
 

Zones inondables de la vallée de la Marque

Une vocation à restaurer

 
     
 

Là où le contrat de rivière le prévoyait, il y a eu curage et aménagements. Au-delà d’Ennevelin, les travaux ont pris du retard pour des raisons de coût, à cause de la présence de boues polluées, et aussi parce qu’il fallait mener des études plus approfondies sur l’avenir des marais de Fretin. Après la calamiteuse année 2000, « il est de notre ressort d’étudier ce qu’il va falloir faire là où ce contrat ne prévoyait rien, en y associant les communes du bassin versant qui ne font pas partie de la communauté de communes du pays de Pévèle », explique son président, Daniel Devendeville. A ses yeux, le curage de la Marque et des fossés qui s’y jettent ne résoudra pas tout et, en assumant l’héritage que constitue le remblaiement de bien des zones inondables, « il faut réfléchir au moyen de permettre aux eaux pluviales de s’étendre sur des secteurs qui ont cette vocation ou auxquels il faudra la rendre ».A titre d’exemple, lui qui est aussi maire d’Ennevelin, souligne que la zone, située de part et d’autre de l’étang ennevelinois, a gardé ce rôle. « Quand on y a curé les fossés, on a toujours veillé à étaler largement les boues afin d’éviter que de petites digues ne se créent. » Mais, s’il faut faciliter l’étalement, détaille encore Daniel Devendeville, il ne faut pas que l’eau soit piégée et stagne pendant des mois. Cette recommandation, avant d’être mise en oeuvre, nécessitera « la réalisation de petites études pour bien connaître le terrain dans les autres secteurs ». Dans l’immédiat, Daniel Devendeville souligne aussi qu’au plan communal, les « barrages » ont été rapidement recensés et que les obstacles ont été enlevés dès que le temps s’est amélioré. « Il faut être lucide, termine-t-il. Il était matériellement impossible d’agir en l’an 2000. Aujourd’hui, il faut intervenir ponctuellement avant de mettre en oeuvre une action globale. »

 
 

J.B.