MÉTROPOLE LILLE    
Jeudi 3 juillet 2003
 
 

3e édition de la fête de SOS Marque
La Marque : comme une oasis dans la Pévèle

 

Pour la troisième année, l’association SOS Marque, qui regroupe une centaine de victimes des inondations de 2000, organisait une fête… au bord de la rivière.

 

Un jour maudit de l’an 2000, la rivière qui longe le territoire de la Pévèle s’est rappelée à la mémoire de ses habitants en grondant, en sortant de son lit et en allant inonder jardins et maisons d’Ennevelin à Phalempin, en passant par Pont-à-Marcq. Quelques semaines plus tard, des victimes s’organisaient et fondaient une association très active dont le but est de ne plus jamais vivre un tel traumatisme. En trois ans d’existence, elle a multiplié les interventions auprès des élus de la Communauté de communes du pays de Pévèle, en charge des travaux sur la rivière, pour faire accélérer les démarches. Mais elle a su également sensibiliser le grand public à travers la distribution de ballons, de café, de chocolat et de vin chaud début décembre, à la date anniversaire des inondations; à travers aussi sa participation au marché de Noël de Pont-à-Marcq, et bien sûr à travers la fête du dernier dimanche de juin. Comme les deux autres années, c’est sous un soleil magnifique que s’est déroulée la balade de 8km le long de la Marque, dans le bois des Cinq Tailles et celui de Phalempin. Comme l’an dernier, les marcheurs sont passés par les bassins de rétention de Béghin, qui renferment une faune et une flore protégées. Là, les animateurs de l’association Nature et Vie, ont rappelé l’importance de préserver ces espèces et de respecter l’environnement.
Une intervention qui rejoint une volonté forte de l’association SOS Marque, dont le souci est de promouvoir la rivière et ses richesses. «On constate que le message passe de mieux en mieux. La preuve, c’est que nous avons reçu beaucoup plus d’inscriptions encore que les années précédentes», observe André Janssen, le président de l’association. «Pour la marche du matin, nous avons eu près de 150 randonneurs, parce que des clubs de marche, comme celui de Lesquin ou de Pont-à-Marcq sont venus se joindre à nous. Même chose pour la fête champêtre, qui comprenait le repas du midi et les jeux de l’après-midi: balades en poney, jeux anciens en bois, roue de la fortune, etc…», résume ce président, heureux de voir également «beaucoup de nouvelles têtes, et notamment beaucoup de jeunes».

 


Pour la troisième année, SOS Marque organisait une fête de fin d’année. Environ 150 personnes ont participé à la marche du matin, et à l’après-midi champêtre. Une façon plutôt festive de saluer l’importance de la Marque dans l’environnement de la Pévèle.

 

Le technicien de rivière est embauché
Effectivement, dans la pâture qui se trouve juste derrière le collège, on ne pouvait que constater le très large engouement pour la fête. Même chez des ados qu’on a davantage l’habitude de voir derrière une console de jeux vidéo, ou sur un terrain de foot… Pierre-André, Dimitri, Mickaël, Giovani et Cyril ont entre 12 et 14 ans et fréquentent ensemble les bancs du collège. Sans leurs parents - mais avec leur autorisation, bien sûr – ils ont participé à toute la fête. «On avait envie de passer un dimanche tranquille, et on a vraiment aimé la balade en forêt. C’était calme, on entendait les oiseaux chanter… et on a bien rigolé ensemble». Conscients de l’importance de préserver l’environnement, ils aimeraient que leurs copains aient tous les mêmes préoccupations qu’eux… Dimitri, en tout cas, a retenu une chose: «j’ai bu une bouteille de coca, mais je l’ai pas jetée dans la nature!», clame-t-il. Avec une nouvelle génération comme celle-là, la Marque n’a plus que de beaux jours devant elle… Surtout que les nouvelles du front politique sont très bonnes. «Jeudi dernier, la dernière tranche du curage de la Marque a été terminée. L’an prochain, la zone sera reboisée. Par ailleurs, les conclusions de l’étude hydraulique vont être rendues dans les prochains jours, et le technicien de rivière que nous appelions de nos vœux a enfin été embauché par la CCPP. Il doit arriver à la rentrée», souligne André Janssen. Personne ne laissera donc plus partir la Marque à vau-l’eau…

Carole Lefebvre