MÉTROPOLE LILLE    
Jeudi 7 mars 2002
 
 

Lutte contre les inondations à Fretin
Vers une solution " miracle " ?

 

Mardi soir , Jean Schepman, vice-président du Conseil général chargé de l'environnement, est venu présenter la nouvelle politique de l'eau menée par le Conseil général devant un parterre d'élus. Il s'agissait de trouver une solution durable pour lutter contre les inondations.

 

Inondation. Ce mot est dans toutes les bouches. Aucune région de ne semble être à l'abri de ce terrible fléau. les communes du bassin versant de la Marque ne le savent que trop. En décembre 200, la rivière en colère avait envahi bon nombre d'habitations. depuis, les choses ont bougé pour que cette terrible expérience ne se reproduise plus jamais. Des centaines de riverains ont adhéré à SOS Marque, association qui s'est créée au lendemain de l'inondation du siècle et qui se bat pour que plus personne ne soit jamais victime de la rivière. Il y a quelques semaines, l'association avait reporté ses espoirs vers le Conseil général. jean Schepman, vice-président en charge de l'environnement, leur avait promis une réunion  (voir notre édition du 29 janvier). ce fut chose faite mardi soir. En présence des maires et élus des communes du bassin versant de la Marque, de la CCPP et des adhérents de SOS Marque, Jean Schepman, Béatrice Mullier, maire de Fretin et conseiller général, Luc Monnet, maire de Templeuve et conseiller général, M. Achere, conseiller général des espaces naturels, M. Pichon, directeur adjoint à l'environnement et M. Lefrançois, chargé des services, ont tenté d'expliquer la nouvelle politique de l'eau menée par le Conseil général. "Nous voudrions répondre à vos attentes, être plus pragmatiques et plus concrets", lançait, en guise de préambule le vice-président. Et pour répondre à ces attentes, une solution "miracle" a été avancée.

 


Jean Schepman, vice-président du Conseil général chargé de l'environnement, espère que le plan d'entretien et de gestion apportera une solution aux problèmes d'inondations.

 

La solution "miracle" d'après les propos de Jean Schepman pourrait se résumer en trois lettres: P.E.G. c'est à dire le plan d'entretien et de gestion. "Il s'agit d'un contrat de rivière plus souple et plus rapide mis en place en 2000 à adapter aux problèmes de la Marque. Pour se faire, nous souhaitons qu'un comité de pilotage, intégrant toutes les communes du bassin versant, soit créé". Présenté comme une boîte à outil, ce plan d'entretien et de gestion permettrait de financer, entre autres, les études, l'entretien, l'aménagement, concernant la Marque. "C'est une réponse concrète à donner dès que le maître d'ouvrage aura été déterminé", annonçait M. Pichon. Le tout serait bien sûr financé en partie par le Conseil général.
Une solution qui n'a pas vraiment soulever d'enthousiasme chez les membres de SOS Marque qui sans
être opposés au P.E.G., ont dénoncé la lente avancée des travaux qu'ils attribuent à l'absence d'un chef de projet: " Nous savons que ça va prendre des années et qu'il faut des études mais, entre les différentes phases il faut pas perdre de temps. C'est pour cette raison qu'il faut une personne qui s'occupe de ça." Et Luc Monnet de rétorquer que des travaux ont été effectués à l'autonne dernier et que ceux-ci ont porté leurs fruits puisqu'il n'y avait pas eu d'inondations de la même ampleur qu'il y a deux ans. Une études est à présent menée pour les travaux de la sixième tranche. "Tant que nous n'avons pas la décision de la totalité des financeurs nous ne pouvons pas commencer les travaux", expliquait Luc Monnet. "Deux ans pour une étude! pensez aux inondés. Vous vous noyez dans des procédures. Les inondations sont des priorités. Vous vous rendez compte de l'angoisse des gens du bord de la Marque quand il pleut. tout cela parce que vous bloquez sur un chef de projet", s'insurgeait l'un des adhérents de SOS Marque.
Outre le curage des cours d'eau, il reste donc
à envisager une solution sur le long terme. M. Achere a suggéré deux possibilités: les bassins de rétention ou les zones humides (des zones inondables qui deviennent riches écologiquement). Le comité de pilotage se chargera de coordonner toutes les actions accomplies sur le bassin versant de La Marque. Il a été officialisé mardi soir. Béatrice Mullier et Luc Monnet en sont les co-présidents. Il intégrera les membres de la CCPP, toutes les communes du bassin versant qui souhaitent s'y joindre, le conseil général, le conseil régional et SOS Marque. L'association qui n'a pas hésité à clamer son amertume: "Ce soir ne nous a pas apporté de solutions. cela aurait dû être fait avant".