MÉTROPOLE LILLE    
Mercredi 30 janvier 2002
 
 
 

Le conseiller général et président de la CCPP présente ses vœux à Templeuve
CCPP : L. Monnet sort l'artillerie lourde

 

Le conseiller général et président de la Communauté de communes du pays de Pévèle, est passé à l'offensive hier soir, lors de la présentation de ses vœux aux élus du canton. Il a tenu à répliquer aux dernières " petites phrases " des trois maires qui veulent quitter la CCPP.

 

Luc Monnet maîtrise la technique du crescendo à la perfection. Il l'a démontré hier soir, lors de la traditionnelle cérémonie des vœux aux élus locaux du secteur et aux corps constitués. Après une bonne heure de description… pédagogique des différentes actions du Conseil général, il s'est lancé dans une véhémente offensive contre les trois maires d'Avelin, Attiches et Tourmignies, qui veulent quitter la CCPP, et contre le maire de Pont-à-Marcq, accusé de les avoir "débauchés" pour former une nouvelle communauté de communes à quatre. C'est sur une formule en forme d'apothéose que Luc Monnet a terminé son propos, en faisant référence à son mariage en avril dernier et en s'adressant au maire de Pont-à-Marcq. "Quand je vous aurai dit que dans quelques jours, je rencontrerai le préfet avec plusieurs de mes collègues, le 14 février, jour de la Saint-Valentin, vous comprendrez que tous les espoirs, tous les rêves les plus fous, M. le maire de Pont-à-Marcq, sont permis. En 2001, j'ai fait un mariage d'amour. En 2002, je suis prêt au mariage de raison!" Pour les initiés, le message est clair d'après Luc Monnet, le préfet n'acceptera pas aussi facilement la sortie d'Avelin, Attiches et Tourmignies, et il se pourrait bien qu'il décide en fin de compte d'obliger Pont-à-Marcq à intégrer la CCPP... Une éventualité que Robert De Man, maire de Pont-à-Marcq, avait balayée d'une formule toute aussi cinglante samedi dernier, en affirmant que si tel était le cas, "ce serait introduire le loup dans la bergerie". Ambiance...

 


Luc Monnet a sorti l'artillerie lourde pour défendre son bilan de président de la
Communauté de communes du pays de Pévèle face aux trois communes qui veulent en sortir.

 

De " l'attentisme" à " l'électrochoc "
Avant d'en arriver à cette conclusion -en quelque sorte la réponse du berger à la bergère...-,Luc Monnet a développé tout un argumentaire sur l'accélération des travaux de la communauté de communes depuis son élection au printemps dernier. "Il y a 10 mois, vos représentants. m'ont confié la responsabilité de la CCPP en m'élisant président. J'ai été élu sur une volonté de passer à l'action après des années de réflexion stérile (...) Je peux vous dire que ma façon de travailler et d'animer mes collègues a libéré les énergies. Personne ne le conteste". Mais Luc Monnet constate qu'"il y a les insatisfaits: ceux-là même qui m'ont aidé à faire le changement, qui au lieu m'aider à l'intérieur proposent de partir et de faire autre chose, d'aller plus vite. Du moins, ils le pensent. Mais ils se trompent. Si nous voulons avancer, faire que notre pays de Pévèle existe et soit reconnu, nous devons être unis et avancer ensemble. Leur proposition ne peut que nous faire perdre du temps (au mieux, si cela aboutit, ce sera pour 2003), avec du retard sur nos chantiers, le curage de la Marque en tête. Du mandat de réflexion et d'attentisme de mon prédécesseur, j'ai souhaité que le mien soit celui de l'action. Cette Situation nous galvanise et a créé un électrochoc", n'hésite pas à ajouter le président de la CCPP. Il use de l'autocritique pour mieux la renvoyer dans le camp des communes dissidentes. "Dans la CCPP, il y a des dysfonctionnements, chaque vice-président ne travaille pas comme je le souhaite. Je puis vous dire qu'il y a une prise de conscience réelle à ce sujet. Et si le patron doit remettre les choses à plat et même son mandat en jeu, je suis prêt à le faire", va jusqu'à affirmer Luc Monnet. A travers toutes les petites phrases assassines qui traversent presque quotidiennement les rives de la Marque, on se rend compte que l'intercommunalité est décidément un enjeu majeur du secteur pour les décennies à venir. C'est aussi l'avis de l'association Pévèle 2000, qui milite depuis longtemps pour l'élaboration d'un projet de territoire du pays pévèlois. Ce soir, cette idée franchira un nouveau pas, dans les salons de la préfecture. Le préfet signera en effet avec Pévèle 2000 la charte de création du comité de pilotage du pays pévèlois. Son objectif: mettre autour de la table toutes les intercommunautés de la Pévèle pour avancer ensemble. Bon courage à l'arbitre...

Carol Lefebvre

Le curage de la Marque : mais si ! Ça avance!

Passant en revue tous les domaines d'action du Conseil général, Luc Monnet s'est longuement arrêté bien entendu sur la compétence assainissement et cadre de vie, qui a en charge entre autres... le curage de la Marque.
Face aux critiques sur la lenteur des travaux - l'association SOS Marque, née au lendemain des grosses inondations de décembre 2000, a tenu son assemblée générale la semaine dernière - Luc Monnet a tenu à répliquer point par point. "Le Conseil général a octroyé une subvention de 940.000 F (143.302 €) au curage de la Marque. C'est loin d'être une somme négligeable ! Je pense avoir pris la mesure des enjeux des inondations, et j'ai demandé au vice-président de la CCPP chargé du dossier d'aller plus vite. La communauté de communes a déjà versé de son côté 300.000 F (soit 45.734 €) pour nettoyer sur le champ le plus urgent. Elle a d'ores et déjà fait poser un moine en amont de la Marque dans la forêt de Phalempin. Nous avons également lancé des études pour bénéficier d'un plan d'action cohérent, afin de répondre aux attentes des habitants, des élus et d'associations comme SOS Marque.. J'estime que l'association a toute sa place dans la réflexion. Elle nous sert d'aiguillon. Ça ne fait pas toujours du bien, mais ça nous fait avancer", reconnaît le président de la CCPP et conseiller général du canton de Cysoing. Pour autant, Luc Monnet n'accepte pas toutes les critiques, surtout les plus récentes. "Le week-end dernier, je me suis promené dans la Pévèle. Comme il pleuvait beaucoup, j'ai pu observer que l'eau s'écoule de nouveau très bien dans les riez et dans les fossés de Templeuve, de Péronne, d'Ennevelin, et même sous le pont de Pont-à-Marcq. les premiers travaux qui ont été réalisés peuvent donc nous laisser de l'espoir", souligne-t-il.
Les routes de la Pévèle
Autre sujet sensible ces derniers temps dans la Pévèle : le nouveau schéma directeur de la métropole lilloise. Or, parmi les compétences du Conseil général, on peut également citer l'entretien des routes départementales et les aménagements de sécurité. L'occasion pour Luc Monnet de rappeler le vieux projet de contournement, de Templeuve et d'échangeur de Genech. "En 2002, l'enquête publique devrait être lancée. Dernièrement, les techniciens du Conseil général nous ont montré lors d'une réunion le tracé retenu. Mais de toute façon, il faudra encore trois ou quatre ans avant d'utiliser cet échangeur", rappelle-t-il. Il ne pouvait pas non plus passer sous silence la liaison Douai-Orchies-Tournai, qui inquiète tant les villages de Bachy, Bourghelles, Wannehain, Cobrieux, Péronne, etc... "Nous avons d'ores et déjà obtenu la garantie que ce ne serait jamais une liaison Orchies-Baisieux-Camphin, qui aurait coupé en deux toute la Pévèle, et nous continuons à militer pour que l'on utilise davantage les autoroutes A23 et A27 déjà existantes", souligne Luc Monnet.
Troisième collège : " Pensons au bien commun "
On retrouve également le Conseil général dans le domaine de l'enseignement, puisqu'il finance la construction et l'entretien des collèges. Ce qui a permis à Luc .Monnet de revenir sur "deux points très positifs: la construction d'une demi-pension à Pont-à-Marcq et la réalisation d'un vœu que j'ai fait il y a trois ans: la nécessité, compte tenu de la fréquentation trop importante des collèges de Cysoing et Pont-à-Marcq d'obtenir la création d'un nouveau collége en Pévèle". Revenant sur la question de l'implantation (Cappelle ou Templeuve ?), Luc Monnet s'est voulu consensuel. "Il faut souhaiter que le lieu qui sera choisi le soit dans le souci du bien-être des enfants et des enseignants et qu'il soit parfaitement accepté par tous. Pensons au bien commun et non aux ambitions personnelles", a conclu le conseiller général... et maire de Templeuve.