MÉTROPOLE LILLE    
Mardi 24 juillet 2001
 
 
 PONT-À-MARCQ 
 

De Mons-en-Pévèle à Pont-à-Marcq

La Marque sous son meilleurs profil

 

L’association SOS Marque, qui s’est créée en janvier 2001 suite aux inondations de la marque, organisait dimanche une grande fête d’été. Le matin, une quarantaine de marcheurs ont parcouru presque 8 km, depuis la source de la rivière jusqu’à Pont-à-marcq, où un barbecue les attendait.

 

A la voir, comme ça, jaillir paisiblement de la terre, au milieu d’un champ de Mons-en-Pévèle, on ne croirait jamais qu’elle puisse faire de grosses colères, et envahir jardins et maisons. La Marque a deux visage. A la fois point de ralliement des touristes amateurs de randonnées pédestres et hantise des riverains de Pont-à-Marcq, Tourmignies, Ennevelin ou encore Mérignies. Pour l’association SOS Marque, créée à la suite des deux grosses inondations de l’an 2000 (le 29 juillet et le 3 décembre), si la rivière se met en colère, c’est à cause de la négligence des hommes. Il est 9 h du matin. Une quarantaine de membres de SOS Marque, d’amis et de sympathisants se penchent au chevet la source de la Marque. L’un d’entre eux se lance dans une explication à destination des novices au regard interrogatif. «Cette semaine encore, la rivière a failli déborder à Attiches. A chaque grosse pluie, c’est le même scénario qui recommence ! C’est clair, c’est à cause de l’urbanisation de plus en plus importante dans le secteur. La construction de routes, de parkings et de maisons empêche l’eau de pénétrer dans la terre. L’autre raison des inondations, c’est que maintenant on installe des buses au lieu des fossés, et l’eau s’écoule de plus en plus vite dans le lit de la rivière…» Le but de la promenade n’est évidemment pas de battre des records de vitesse, mais de découvrir la Marque et des endroits qu’on n’a pas du tout l’habitude de rencontrer. Le président, André Janssen, à la fin de la balade de 8 km est lui-même surpris: «on a pu voir les fameux bassins de récupération des eaux de l’entreprise Beghin-Say. Tout autour, on voit évoluer une flore et une faune assez spéciales, et on pourrait facilement en faire un chemin de randonnée», Plaide ce Pont-à-Marquois amoureux du Pévèle-Mélantois et de la Marque. «L’objectif premier de notre association est bien sûr de trouver une solution rapide aux inondations, mais à terme on aimerait aussi promouvoir la Marque et aider à la valoriser», remarque-t-il.

 

Une quarantaine de marcheurs de l’association SOS Marque, d’amis et de sympathisants, ont parcouru 8 km le long de la rivière pour découvrir son meilleur visage et oublier les inondations.

 
Le jour des bonnes nouvelles

Dimanche était une belle journée pour les sinistrés de SOS Marque. La fête s’est déroulée par une journée d’été ensoleillée et personne n’a eu à appréhender l’orage et ses conséquences. Mais la centaine de personnes réunies pour le pique-nique géant sur une pâture derrière le collège Dolto, a eu d’autres motifs de satisfaction. Le président a en effet pu annoncer de bonnes nouvelles à l’assistance. «Suite à l’assemblée générale du 18 juin à Ennevelin où les élus de la Communauté de communes du pays de Pévèle étaient présents, un comité de pilotage a réellement été constitué et la première séance de travail a eu lieu le 12 juillet». Rappelons que ce comité de pilotage est composé d’élus de la CCPP, de représentants de l’ONF, du SIBM (Syndicat intercommunal du bassin de la Marque) et de SOS Marque. «Plusieurs décisions importantes ont été prises lors de cette première réunion, a insisté André Janssen, à savoir le curage du tronçon A23/CD 145 qui étéit prévu depuis deux ans: tout sera fait pour qu’il soit achevé en septembre 2002; un déblocage de 300.000F par la CCPP pour les travaux de nettoyage les plus urgents… qui devraient être entrepris avant l’hiver prochain; l’installation de six moines (NDRL: de petits barrages en bois, ajustables, qui permettent de réguler le débit de l’eau) en amont de la rivière; et enfin la réalisation d’une étude hydraulique complète. Une préétude  par des étudiants de DESS commencera d’ailleurs dès septembre», a poursuivi le président, tout à fait satisfait de l’évolution rapide du dossier. Il espère bien entendu que les actions concrètes se mettent en place le plus vite possible. Avec une tête une seule idée fixe: «que jamais plus d’eau ne rentre dans nos maisons sans permission!»

 
« On est là pour aider à sauver la Marque »

Parmi les marcheurs de dimanche, qui s’étaient déplacés tôt le matin pour suivre le cours de la Marque à la trace, on trouvait bien sûr les sinistrés de juillet et décembre dernier. Mais pas seulement. On pouvait aussi croiser des gens qui n’ont pas été personnellement touchés par les sinistres successifs, mais qui compatissent, ou simplement qui aiment la région et qui sont avides de mieux connaître la Marque. En effet, le parcours de la balade permettait de longer le cours de la rivière, et l’association avait obtenu des propriétaires terriens la permission de traverser leur territoire. Parmi les sympathisants de SOS Marque, on pouvait remarquer tout jeunes gens venus de Pont-à-marcq, Marie, Lucie, Delphine, Nicolas et Sébastien ont tous entre 12 et 16 ans. Ils ont lu dans le journal qu’une balade était organisées aujourd’hui par l’association. «On ne connaît pas plus que ça l’association, et nos parents n’en font pas partie, mais c’est la première fois qu’on fait une balade comme ça, le long de la Marque, et on avait envie d’être là pour soutenir leur action. Leur but, c’est quand même de sauver la Marque», expliquent-ils juste avant de s’élancer dans les herbes folles de la pâture où la rivière prend sa source, à Mons-en-Pévèle. Une balade pour le plaisir et pour la bonne cause, on ne pouvait pas mieux rêver!

 

Parmi les Marcheurs, on pouvait rencontrer de simples promeneurs sympathisants de la cause, comme ces adolescents de Pont-à-Marcq.

 
Pierre Vandekerkof : « supporter » de SOS Marque

Pierre Vandekerkof, adjoint au maire de Pont-à-Marcq

Il était le seul élu à participer à cette journée festive de SOS Marque. Pierre Vandekerkok, deuxième adjoint au maire de Pont-à-Marcq, était au départ de la marche dès 9h en compagnie de son épouse. Même si Pont-à-Marcq ne fait pas partie de la Communauté de communes du pays de Pévèle, maître d’œuvre des travaux à réaliser pour éviter les inondations de la Marque, la commune se préoccupe de ces phénomènes pas seulement naturels mais aussi en grande partie causés par l’Homme. «Je suis venu simplement en «supporter» de SOS Marque. Nous avons suivi de très près la naissance de l’association, car Pont-à-Marcq et toute la Pévèle souffrent de gros problèmes d’inondations. Dans ce cadre, nous ne pouvons que tirer un coup de chapeau à SOS Marque qui en très peu de temps, a réussi à entrouvrir des portes. Maintenant, il reste à les ouvrir en grand. C’est aux élus de se responsabiliser. D’ailleurs, la commune de Pont-à-Marcq a été la première à nettoyer sur son territoire», note Pierre Vandekerkof, il ait davantage de concertation entre les communes pour continuer le travail au-delà des frontières communales. C’est d’ailleurs ce à quoi s’est engagé la communauté de communes du pays de Pévèle, qui va prendre en charge dans les tout prochains mois une première phase de curage des berges de la Marque. Un point forcément positif pour l’image même de la Marque, qui permettra au grand public de la découvrir. Comme Pierre Vandekerkof par exemple, qui n’est pas originaire de la Pévèle et qui se réjouissait de voir la rivière de plus près…
 
André Janssen : Sinistré mais pas sinistre !
Il est venu participer à la balade avec sa fille et ses deux chiens, Black et Vidocq. André Janssen, le président de SOS Marque, était particulièrement ravi du succès de cette première fête de l’association SOS Marque. Pour lui, comme pour beaucoup d’autres membres de SOS Marque, c’est un peu le réconfort après plusieurs traumatismes. Car André Janssen n’est pas président de l’association par hasard. «A chaque fois qu’il pleut beaucoup, mon terrain est complètement inondé… Une vraie piscine qu’on peut même voir depuis le pont. D’ailleurs, à chaque fois, il y a des curieux qui s’arrêtent!» Il en rit après coup, mais il aimerait bien sûr ne plus jamais avoir à offrir ce genre de spectacle.

André Janssen, président de SOS Marque, est lui aussi un sinistré de la Marque

 

Carole Lefèvre