MÉTROPOLE LILLE    
Vendredi 09 novembre 2001
 
 
 Pévèle 
 

D’Ennevelin à Attiches, en passant par Pont-à-Marcq
SOS Marque: plus jamais inondés !

 

Tous les trois mois environ, les membres de SOS Marque se réunissent pour réfléchir à la manière d'empêcher les inondations qui ont ravagé deux fois leurs jardins et habitations l'année dernière. L'occasion d'énumérer les actions engagées... Mais aussi de remuer les élus pour aller plus vite.

 

Dans un peu moins d'un mois, la catastrophe aura un an. Une cen­taine d'adhérents de l'asso­ciation SOS Marque, vont commémorer ce jour funeste dans l'angoisse que les pre­mières grosses périodes de pluie de l'hiver ne fassent de nouveau des ravages... Le 3 décembre 2000, ils étaient victimes de leur deuxième inondation de l'année... C'est à ce moment-là que les riverains des berges de la Marque ont décidé de fon­der leur association pour qu'un tel sinistre ne se repro­duise plus jamais. Un an après, les adhérents se sont retrouvés pour mesu­rer le chemin accompli, mais aussi pour exprimer leurs déceptions et leurs im­patiences face aux lenteurs de la Communauté de com­munes du pays de Pévèle (CCPP) et des administra­tions.

Le nettoyage commence
«Depuis un an, nous pou­vons afficher un certain nombre de motifs de satis­faction, mais aussi quel­ques déceptions», affirme d'emblée Roland Laroye, d'Ennevelin, qui coordonne avec quelques autres membres du bureau de SOS Mar­que les nombreuses démar­ches engagées auprès des élus de la CCPP (maître d'ouvrage pour tout ce qui concerne la Marque), et des services d'assainissement du SESEA, de la DDE, etc... «Grâce à nos actions, nous avons obtenu des résultats probants, comme l'installa­tion de moines dans la forêt de Phalempin, financés pour partie par l'ONF et pour partie par la CCPP. De plus, des travaux de net­toyage de la Marque vien­nent de débuter il y a une quinzaine de jours. Ces tra­vaux ont démarré à Enneve­lin et se dirigent vers Tour­mignies-Attiches. Ils consis­tent à élaguer les arbres en bordure de rivière, et à déga­ger le cours d'eau, pour évi­ter que le bois n'obstrue la Marque», avancent Roland Laroye, son épouse Fran­çoise, André Leblanc et Da­niel Jolivel qui ajoute que des travaux d'assainisse­ment sont également en cours sur Ennevelin pour ré­soudre un problème local d'inondations.
Autre motif de satisfaction, poursuivent les défenseurs des intérêts des sinistrés et de la qualité de l'environne­ment, «la création de la commission consultative le 12 juillet dernier, à laquelle participe SOS Marque, avec des membres de la CCPP, de l'ONF, du SIBM (Syndi­cat intercommunal du bas­sin de la Marque), et la con­seillère générale». Toutes ces avancées motivent évi­demment les bénévoles de l'association qui est «de plus en plus reconnue par tous les interlocuteurs», et qui rencontre un grand suc­cès dans la population con­cernée. «La solidarité ne cesse de se développer. Nous avons mené des tra­vaux chez une dame seule qui continuait à avoir des remontées d'eau dans sa cave, et des relevés de pluviométrie sont réalisés cha­que jour par des bénévoles répartis dans plusieurs communes», se réjouissent les responsables.

Trop de retard !
Mais un an après les inonda­tions, les sinistrés sont très impatients de voir enfin aboutir une solution défini­tive à leurs soucis. Et là, ils constatent que «le dossier Marque prend beaucoup de retard à la CCPP. Depuis sa création, la commission consultative ne s'est pas réunie et n'a fixé aucun ob­jectif. Les élus en sont seule­ment à buter sur la rédac­tion d'un cahier des charges hydraulique. Ensuite, on passera aux appels d'of­fres pour l'étude, puis à l'étude, aux choix finan­ciers et techniques, aux de­mandes de subventions, aux appels d'offres de tra­vaux et enfin aux travaux. Pour voir enfin la Marque aménagée correctement (NDLR: il faudrait prévoir au moins des bassins de ré­tention en amont et un lit de rivière plus profond), il fau­dra deux ou trois ans!», s’exclament les porte-parole de SOS Marque, qui prévien­nent : "nous voulons bien être les partenaires de la CCPP, mais nous serons des partenaires exigeants".

Carole Lefebvre